Malus des voitures hybrides en 2026 : que paie-t-on selon la motorisation ?
Une voiture hybride n'est pas exonérée de malus en 2026. Elle paie le malus CO2 comme une voiture essence, dès 108 g/km, et le malus au poids au-delà de 1 499 kg, après un abattement de 100 kg pour une micro-hybride ou une hybride non rechargeable, et de 200 kg pour une hybride rechargeable. Résultat parfois inattendu : un MG EHS PHEV 272, rechargeable, paie 2 090 €, plus que le MG EHS Hybrid+ 224 du même modèle, à 2 010 €.

1. Une hybride n'est pas exonérée : deux taxes, un plafond
À la première immatriculation en France, une voiture hybride est soumise aux deux taxes du malus écologique. La première porte sur les émissions de CO2 homologuées, la seconde sur la masse en ordre de marche. Elles se calculent séparément, puis s'additionnent.
La motorisation hybride ne donne droit à aucune exonération. Elle ouvre seulement un abattement sur la masse, c'est-à-dire un nombre de kilos retiré avant le calcul du malus au poids. Côté motorisation, seules les voitures 100 % électriques et à hydrogène sont exonérées des deux taxes.
Le total des deux taxes ne peut pas dépasser le montant maximal du malus CO2 de l'année, soit 80 000 € en 2026, selon l'article L421-74 du code des impositions sur les biens et services. Ce plafond ne concerne en pratique que les modèles les plus émetteurs : pour une hybride courante, les deux montants s'additionnent simplement.
2. Micro-hybride, hybride, rechargeable : les définitions qui comptent
Le nom commercial ne suffit pas à classer une voiture. Pour le malus, service-public.gouv.fr retient trois catégories, définies par des critères techniques précis.
- Micro-hybride : la puissance maximale totale des moteurs électriques qui servent à la propulsion est inférieure à 30 kW. C'est le cas de nombreuses motorisations 48 V, souvent vendues sous le nom de « mild hybrid » ou simplement de « Hybrid ».
- Hybride non rechargeable : cette puissance électrique atteint au moins 30 kW. La batterie se recharge en roulant, jamais sur une prise. On parle aussi de « full hybrid ».
- Hybride rechargeable : la voiture se recharge sur une prise, et son autonomie en mode tout électrique en ville, fixée à l'homologation, dépasse 50 km.
Le piège le plus fréquent concerne les micro-hybrides. Une voiture badgée « Hybrid » peut relever de cette catégorie : c'est le cas de la Peugeot 3008 Hybrid 145, dont le moteur électrique développe 21 kW selon le constructeur. L'écart devient important en 2027, quand les micro-hybrides perdront leur abattement.

3. Le malus CO2 d'une hybride en 2026
Le malus CO2 s'applique aux hybrides exactement comme aux voitures essence ou diesel. En 2026, il démarre à 50 € pour 108 g/km, passe à 310 € à 120 g/km et à 983 € à 130 g/km. Il atteint 80 000 € au-delà de 191 g/km. La grille complète, gramme par gramme, figure sur la page du barème du malus écologique 2026.
Une hybride non rechargeable se situe souvent près du seuil : le Kia Sportage HEV 215 émet 125 g/km, le MG EHS Hybrid+ 224 126 g/km. Quelques grammes de plus, liés à une transmission intégrale ou à de grandes jantes, suffisent à faire grimper le malus CO2.
Une hybride rechargeable affiche des émissions homologuées très basses, 46 g/km pour le MG EHS PHEV 272, parce que la mesure tient compte des trajets en mode électrique. Sous 108 g/km, elle ne paie pas de malus CO2. La valeur retenue est celle de la case V.7 de la carte grise ; avant l'immatriculation, elle figure sur le certificat de conformité de la version exacte.
4. Le malus au poids et l'abattement selon la motorisation
Le malus au poids se calcule sur la masse en ordre de marche, inscrite en case G de la carte grise. On retire d'abord l'abattement de la motorisation, puis on applique à chaque tranche de kilos son tarif, selon l'article L421-75 :
- jusqu'à 1 499 kg : rien ;
- de 1 500 à 1 699 kg : 10 € par kilo ;
- de 1 700 à 1 799 kg : 15 € par kilo ;
- de 1 800 à 1 899 kg : 20 € par kilo ;
- de 1 900 à 1 999 kg : 25 € par kilo ;
- à partir de 2 000 kg : 30 € par kilo.
Chaque tarif ne s'applique qu'aux kilos de sa tranche, et le kilo du seuil compte : une masse retenue de 1 500 kg donne déjà 10 €. Les abattements fixés par l'article L421-79-1 sont de 100 kg pour une micro-hybride ou une hybride non rechargeable, et de 200 kg pour une hybride rechargeable.
Pour une rechargeable, les 200 kg sont limités à 15 % de la masse en ordre de marche. Cette limite ne réduit l'abattement que pour une voiture de moins de 1 334 kg environ : pour le MG EHS PHEV 272, 15 % de 1 905 kg font 286 kg, l'abattement reste donc de 200 kg.
5. Micro-hybride : l'exemple de la Peugeot 3008 Hybrid 145
La Peugeot 3008 Hybrid 145 associe un moteur essence et un moteur électrique de 21 kW, intégré à la boîte automatique. Avec moins de 30 kW électriques, elle relève de la catégorie des micro-hybrides. D'après le tarif Peugeot applicable au 4 mai 2026, elle émet 120 g/km et pèse 1 622 kg en finition Allure.
Peugeot 3008 Hybrid 145 : 120 g/km, 1 622 kg
Malus CO2 2026 : 120 g/km → 310 €.
Malus au poids : 1 622 kg − 100 kg = 1 522 kg retenus, soit 23 kg à 10 € → 230 €.
Total 2026 : 540 €.
En 2026, son abattement de 100 kg ramène la masse retenue à 1 522 kg. Le malus au poids se limite alors à 230 €, et le total à 540 €. Sans cet abattement, les 100 kg de la première tranche coûteraient 1 000 € de plus.
C'est précisément ce qui se produira pour une immatriculation en 2027 : la même voiture paiera 1 770 €, dont 1 230 € de malus au poids et 540 € de malus CO2 au nouveau barème.
6. Hybride non rechargeable : l'exemple du Kia Sportage HEV
Le Kia Sportage HEV 215 est vendu par Kia comme hybride non rechargeable (HEV) : sa batterie se recharge en roulant, jamais sur une prise. Sur le tarif Kia de septembre 2026, la version 30 Years annonce 125 g/km et 1 665 kg.
Kia Sportage HEV 215 : 125 g/km, 1 665 kg
Malus CO2 2026 : 125 g/km → 540 €.
Malus au poids : 1 665 kg − 100 kg = 1 565 kg retenus, soit 66 kg à 10 € → 660 €.
Total 2026 : 1 200 €.
Pour cette version, les deux taxes pèsent presque autant l'une que l'autre : 125 g/km suffisent à déclencher 540 € de malus CO2, et l'abattement de 100 kg laisse 66 kg au-delà du seuil de masse.
La version à transmission intégrale, plus lourde et plus émettrice, paie davantage : le détail de chaque version figure sur la page du malus du Kia Sportage.
7. Hybride rechargeable : l'exemple du MG EHS
Le MG EHS PHEV 272 illustre le cas typique d'une hybride rechargeable. D'après la brochure MG d'août 2026, il émet 46 g/km et pèse 1 905 kg, avec une batterie de 21,4 kWh. MG annonce 100 km d'autonomie électrique en cycle WLTP : la condition des 50 km en ville est a priori largement remplie, la valeur urbaine exacte figurant sur le certificat de conformité.
MG EHS PHEV 272 : 46 g/km, 1 905 kg
Malus CO2 2026 : 46 g/km, sous le seuil de 108 g/km → 0 €.
Malus au poids : 1 905 kg − 200 kg = 1 705 kg retenus, soit 200 kg à 10 €, puis 6 kg à 15 € → 2 090 €.
Total 2026 : 2 090 €, entièrement dû au poids.
Son malus CO2 est nul. Mais même après l'abattement de 200 kg, il reste 1 705 kg retenus, soit 206 kg au-delà du seuil, dont une partie dans la tranche à 15 €. Le malus au poids atteint 2 090 €.
Autrement dit, une rechargeable n'est pas une voiture sans malus. Elle déplace la taxe du CO2 vers le poids, et ce poids vient de sa batterie : 21,4 kWh, contre 1,83 kWh pour la version hybride du même modèle.
8. Pourquoi une rechargeable peut payer plus qu'une hybride simple
Le MG EHS existe aussi en hybride non rechargeable, le MG EHS Hybrid+ 224. Il émet davantage, 126 g/km, mais pèse 170 kg de moins, 1 735 kg. Il paie 650 € de malus CO2 et 1 360 € de malus au poids, soit 2 010 € en 2026.
La version rechargeable, à 2 090 €, coûte donc 80 € de plus en malus, alors qu'elle émet très peu de CO2 à l'homologation. Son abattement de 200 kg ne compense pas les 170 kg supplémentaires, et une partie de ces kilos passe dans la tranche à 15 €.

L'écart s'inverse en 2027. Le barème CO2 durcit et le MG EHS Hybrid+ 224 passera à 2 434 €, tandis que la rechargeable restera à 2 090 € : son malus au poids ne bouge pas et son malus CO2 reste nul. Le choix entre les deux motorisations dépend donc aussi de la date d'immatriculation.
9. Les chiffres à demander au vendeur avant de signer
Le malus se calcule sur la version exacte, options comprises. Avant de signer un bon de commande, demandez par écrit :
- Les émissions de CO2 WLTP de la version commandée, qui seront inscrites en case V.7 ;
- La masse en ordre de marche, inscrite en case G, et non la masse à vide ni la case G.1 ;
- La catégorie d'hybridation : la puissance totale des moteurs électriques, pour savoir si la voiture est micro-hybride ou hybride non rechargeable ;
- L'autonomie électrique en ville pour une rechargeable, qui doit dépasser 50 km ;
- La date d'immatriculation prévue : c'est elle qui fixe le barème et l'abattement, pas la date de commande.
Ces valeurs figurent sur le certificat de conformité européen de la voiture, que le vendeur peut fournir. Avec elles, le simulateur de la page d'accueil donne le montant exact des deux taxes.
10. Occasion et import : l'abattement de l'année d'origine
Hors cas particuliers, une hybride d'occasion déjà immatriculée en France ne paie pas de nouveau malus à la revente : la taxe a été réglée à sa première immatriculation. Le détail de ces cas figure sur la page du malus d'une voiture d'occasion.
Pour une hybride importée, le calcul reprend le barème de l'année de sa première immatriculation à l'étranger, puis applique une réduction liée à son ancienneté. L'abattement suit la même logique : l'article L421-79-1 le fixe selon la date de première immatriculation. Or les règles ont beaucoup changé :
- immatriculée pour la première fois en 2022 ou 2023 : aucun abattement pour une micro-hybride ou une hybride non rechargeable, exonération de la taxe au poids pour une rechargeable ;
- en 2024 : 100 kg pour une micro-hybride ou une hybride, exonération pour une rechargeable ;
- depuis 2025 : 100 kg, 100 kg et 200 kg.
Une hybride non rechargeable importée, immatriculée pour la première fois en 2023, n'a donc droit à aucun abattement. Le calcul du malus d'un véhicule importé applique automatiquement le barème et la réduction de l'année d'origine.
11. 2027 : ce qui est voté, ce qui n'est que proposé
Plusieurs changements sont déjà inscrits dans la loi pour les immatriculations à partir du 1er janvier 2027 :
- les micro-hybrides perdent leur abattement de 100 kg ;
- les hybrides non rechargeables gardent 100 kg, les rechargeables 200 kg ;
- le barème CO2 démarre à 103 g/km au lieu de 108, et son plafond passe à 90 000 € ;
- le barème du malus au poids ne change pas.
Le Kia Sportage HEV 215 passera ainsi de 1 200 € à 1 643 €, uniquement à cause du malus CO2. Les montants voiture par voiture sont détaillés dans l'article sur le malus 2027 qui double sur des dizaines de voitures neuves, et la grille complète sur la page du malus écologique 2027.
D'autres pistes ne sont que des propositions. La Fédération nationale de l'automobile demande par exemple la suppression du malus au poids, sans qu'aucun texte ne l'ait reprise à ce jour. Le projet de loi de finances pour 2027, attendu fin septembre 2026, peut encore modifier les règles votées avant le 1er janvier.
12. Famille nombreuse, carte mobilité inclusion : ce qui s'ajoute
Les réductions liées à la situation de l'acheteur se cumulent avec l'abattement de la motorisation. Une famille qui a au moins trois enfants à charge a droit à une réduction de 20 g/km par enfant sur les émissions et de 200 kg par enfant sur la masse, le plus souvent obtenue par une demande de remboursement après l'immatriculation. Avec trois enfants, le Kia Sportage HEV 215 tombe à 65 g/km et 965 kg retenus : son malus passe de 1 200 € à 0 €.
Les titulaires de la carte mobilité inclusion mention invalidité sont exonérés des deux taxes, dans la limite d'un véhicule. Les conditions et les démarches de remboursement sont détaillées sur la page des exonérations du malus écologique. Les montants par taxe et par situation sont rappelés sur la page de la taxe au poids 2026.
13. Questions fréquentes
Oui, dès qu'elle dépasse l'un des deux seuils. Le malus CO2 s'applique à partir de 108 g/km, sans règle particulière pour les hybrides. Le malus au poids s'applique au-delà de 1 499 kg, après un abattement de 100 kg pour une micro-hybride ou une hybride non rechargeable, et de 200 kg pour une hybride rechargeable. Un Kia Sportage HEV 215 paie ainsi 1 200 € en 2026.
200 kg sur la masse en ordre de marche, dans la limite de 15 % de cette masse, à condition que l'autonomie électrique homologuée en ville dépasse 50 km. C'est une réduction du poids retenu, pas une réduction de 200 euros : le malus au poids reste dû sur les kilos restants au-delà de 1 499 kg.
Parce que sa batterie l'alourdit davantage que son abattement ne la soulage. Le MG EHS PHEV 272 ne paie aucun malus CO2, mais 2 090 € de malus au poids. Le MG EHS Hybrid+ 224, plus léger, paie 2 010 € au total en 2026.
La catégorie dépend de la puissance totale des moteurs électriques qui servent à la propulsion : moins de 30 kW, c'est une micro-hybride ; 30 kW ou plus, une hybride non rechargeable. Beaucoup de motorisations 48 V sont des micro-hybrides. Demandez la puissance électrique au vendeur, ou lisez-la sur la fiche technique de la version exacte.
Oui, pour les micro-hybrides : elles perdent leur abattement de 100 kg au 1er janvier 2027. Les hybrides non rechargeables gardent 100 kg et les rechargeables 200 kg. Le barème CO2 2027, déjà voté, démarre à 103 g/km au lieu de 108. Le projet de loi de finances pour 2027 peut encore modifier ces règles avant le 1er janvier.
Sources. Règles : articles L421-62, L421-74, L421-75 et L421-79-1 du code des impositions sur les biens et services, sur Légifrance ; définitions des catégories d'hybrides sur service-public.gouv.fr (fiche F35950, vérifiée le 1er mars 2026) et règles du malus CO2 (fiche F35947). Caractéristiques des voitures : tarif Peugeot applicable au 4 mai 2026, tarif Kia de septembre 2026 et brochure MG EHS d'août 2026 ; puissance électrique du système Hybrid 48 V de Peugeot communiquée par Stellantis.

